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Née à Beyrouth en 1952, Mona Hatoum est d’origine palestinienne. En 1975, alors qu’elle passe une semaine à Londres, la guerre éclate au Liban. Bloquée, elle s’y installe.

Profondément marquée par les événements qui conduisent le peuple palestinien à l’exil et à la lutte, elle oriente très vite sa création vers un engagement politique.

Ses performances des années 80 affirment un esprit de résistance. Elle se tourne ensuite vers la vidéo, l’installation et la photographie. Son travail évoque l’expérience du déplacement, les thèmes du souvenir, de la violence, de la condition des femmes et la difficulté à reconstruire une identité dans l’exil…

Pour la présentation d’Aubagne, Mona Hatoum a sélectionné, avec Pascal Neveux le commissaire de l’exposition, un ensemble d’œuvres parmi celles qu’elle a réalisées depuis bientôt 30 ans.

Celles-ci ont suscité le désir d’imaginer un atelier qui donne envie d’entrer dans le travail de cette singulière plasticienne, là où se conjuguent au plus près création et culture de paix.


L’atelier "Mona Hatoum

Cet atelier a été inventé par Odette Neumayer, Pascale Lassablière, Natalie Rasson, Michel Neumayer.

Il a été animé en France à Aubagne en 2013 et aux Rencontres pédagogiques d’été (RPé) de l’association Changement pour l’égalité

Il pose des questions biographiques et des questions esthétiques.
Quel sens cela a qu’une personne un jour décide un jour de créer des installation pour donner forme à une expérience ? Jusqu’où va le dévoilement ?

Il s’agit d’une personne qui vit et est née dans un lieu de question de chaudes. Elle est immergée dans cette question de la Palestine et donc en creux celle des Israéliens. La découvrir, c’est entrer dans une univers de guerre et de Culture de guerre.

Elle nous donne le regard d’une artiste sur la réalité, un regard ciblé, orienté, qui donne obligation de voir. Elle donne à voir des œuvres qui racontent racontent d’un temps. Mais l’énigme des objets présentés laisse le spectateur frustré, l’oblige de se poser des questions. Elle donne à voir mais ne cherche pas à convaincre, à toucher. Elle ne cherche pas à faire beau, encore moins à expliquer.

Elle donne forme aux questions cruelles dans laquelle son histoire la place. Cette forme lui permet de sauvegarder son humanité. Ces questions sont des coups de poings dans notre tranquillité sous haute surveillance, mais aussi des coups de force pour faire grandir notre propre humanité,

Atelier « MH : un art qui fait lien. »

Pistes

  • les partis-pris dans l’art
  • l’humain tissé de temps et de matière
  • créer, dit-elle…
  • Se dire dans l’Histoire

Temps 1 - Qui êtes-vous Madame H. ?
Chaque groupe tire un des papiers ci-dessous et annonce sur quoi il va travailler. Il s’agit d’écrire ensemble un ou deux moments d’une journée de Mme H.

  • Mme H vit à l’ombre et habite à Londres.
  • Mme H est née à Beyrouth le 11 février à Beyrouth et est d’origine Palestinienne.
  • Mme H produit chaque année une vingtaine d’expos dans le monde entier.
  • Mme H est une artiste qui travaille particulièrement avec des matériaux tels que les cheveux, l’acier doux, le savon, etc.

Temps 2 - L’installation

On donne une biographie de Mona Hatoum (cf. Wikipedia par ex.).

On fait une définition orale d’une « installation » (grand groupe)
Puis, consigne : (travail en binôme) vous êtes Mme H et travaillez plastiquement une question qui vous tient à cœur compte-tenu de votre biographie..
Vous tirez au sort votre matériau et produirez un objet plastique qui prendra place dans une installation.

  • a) Un groupe travaille avec Huile et carton (deux binômes)
  • b) Un groupe travaille avec Ceintures + ficelles
  • c) Un groupe travaille avec Perles et savonnettes
  • d) Un groupe travaille avec Sable et colle.

Puis, écriture en binôme : ce que nous avons pu dire, pas pu dire.
Lecture.

Temps 3 – Le projet d’expo

En groupe de 3/4, on fait une proposition argumentée d’expo avec proposé occupation de l’espace + titre + une présentation à l’intermédiaire administratif (organisateur d’évènement).

On tire au sort une des propositions, on la met en œuvre.

Temps 4 - « Roadworks »
On distribue une photo, on la traduit poétiquement en un texte court.
Distribution du texte de l’expo « Roadworks » avant lecture « On donne des textes produits dans la ville de A., écrits après visite d’une expo de Mme H. : »Mappings de Mona Hatoum."
En petits groupes, on fait une affiche de ce qui était à voir dans cette expo.

* Mona Hatoum : une exposition énigmatique et un parcours subjectif

  • Il faut se pencher de près pour constater que le keffieh est tissé de longues mèches brunes, qui s’évadent parfois de l’ouvrage, attestant la présence de cheveux… de femmes. Et l’on se prend à rêver : qui a donné ses cheveux ? Comment et dans quelles circonstances ont-ils été obtenus ?

Sur une petite étagère, des boules de la grosseur d’une agate sont entassées dans un reliquaire aux parois de verre. Il faut s’approcher de près pour reconnaître de grosses billes de cheveux. Tous de la même couleur. Tous de la même tête… de femme. Pour qui a visité Auschwitz et a vu les monceaux de cheveux destinés à finir en savon, c’est parlant.

Au mur, deux cadres moyens. L’un à fond blanc, l’autre à fond noir. Sur chacun est collé / laqué un carré de fine dentelle de cheveux gris, dentelle de cheveux blancs. On s’émeut du travail de la dentellière. Ici, pas de mèches, mais l’entrelacs d’un seul cheveu. Retenu parfois par un nœud de la taille d’une tête d’épingle.

Comme en contrepoint de cette légèreté, un énorme globe terrestre vide dont les parallèles et les méridiens en gros fils d’acier rouillé, font penser à une prison.

  • Un immense serpent noir ou un collier de drôles de perles : des boulets de canon. On reste coi.

Dans cette chapelle blanche des Pénitents noirs, l’exposition de Mona Hatoum est déroutante par son dépouillement même. Que veut-elle nous dire ? Que veut-elle nous faire comprendre ?
Non, pas d’explication ! Je veux trouver toute seule.
Où nous conduisent ces cartes-tapis, cartes-savons, cartes-coton, cartes-carton ? Quels territoires Mona Hatoum nous invite-t-elle à arpenter ?
IcI, on dirait des trous de bombes sur Beyrouth ; là, une planisphère comme un lac où l’on aurait fait des ronds dans l’eau en y jetant une pierre. Tiens, une pierre !? Et la rumeur se répand, s’amplifie, le monde entier en retentit.
Et notre esprit se met à fonctionner…

Odette

Mona Hatoum
Visite de l’exposition à Aubagne – mars 2013

Elle a mis le monde dans un panier tressé mais il s’est troué.
Ella a voulu le pendre pour le faire sécher, mais quand elle l’a essoré, ce sont des larmes de cheveux qui sont tombées dans un réservoir sans fond.
Elle a pris ces larmes, en a dénoué chaque cheveu, comme un marin dénoue ses filets. Elle a aimé chaque cheveu
.
Elle a renoué les gris avec les gris, les noirs avec les noirs et le filet gris a dit au filet noir : « Suis- moi, je connais un chemin. »

Je suis venue, je me suis heurtée à un mur de métal troué de haine.
J’ai eu peur. J’ai peur du métal. J’ai senti les balles qui avaient troué ce mur si froid transpercer à son tour mon corps, fragile comme celui de tous ceux qui tombent troués par le métal.
Je me suis rappelé le keffieh qui m’avait questionnée à l’entrée. Allais-je le nouer autour de mon cou ou l’attacher à un bâton et courir en avant pour demander une trêve.
Sur la carte de Kaboul, il y avait un espace bleu : dâriatchè, la petite mer. Elle faisait comme une respiration au loin des bombes. C’est alors que j’ai entendu le murmure des cheveux. J’avais noué le keffieh autour de mon cou, mais je me suis assise. Enfin, j’ai regardé : la terre était craquelée de partout, mais si belle.

Visionnements de diapos trouvées sur Internet.

Temps 5 – Détricoter le quotidien
Distribution d’un extrait de Mona Hatoum (interview)
On souligne les passages qui font tilt.
« Ne pas aller là, où on vous attend la grande Histoire, mais détricoter le quotidien ».
Raconter.

Temps 6 – Retour aux pistes
Discussion.