Accueil du site / Mots clefs / Pour ou contre ? / Ce que la Culture de Paix PERMET et ne PERMET PAS…

Recherche

(05 mai 2004)
Ce moment de clôture d’une année de réflexion, de formation et d’action est consacré à une sorte d’inventaire de ce que la culture de paix « permet » et « ne permet pas ».

Il ne s’agit pas d’un bilan mais d’un inventaire à travers lequel se dessinent des actions futures mais se formulent aussi quelques limites auxquelles nous nous heurtons parfois.

« [...] Le défi de la Culture de Paix permet de grandir soi-même et faire grandir les autres. Il nous rend solidaire des autres et permet de nouer des liens profonds avec eux. On tente de résoudre avec bienveillance les conflits inhérents à la vie. On utilise la parole et non l’affrontement physique. On se remet en question sur les façons de communiquer. On sème des petites graines de paix.

[...] Le défi de la Culture de Paix ne permet pas de s’inscrire dans le monde marchand. Il empêche d’avoir des rapports autoritaires avec les autres, de faire et de se faire la guerre. [...]

Gérard

 »Le défi de la Culture de Paix permet de rencontrer l’autre dans son travail, d’ouvrir un dialogue inhabituel, de changer les comportements, de combattre la connerie par la compréhension. [...]« 

Stéphane

 »Le défi de la Culture de Paix permet la fraternité, l’amour (?) des autres, l’échange, la confiance, la construction.

Il ne permet pas la violence, le délire. [...]« 

Kaddour

 »La Culture de Paix permet de rencontrer des gens différents, de pousser des projets communs et d’aller vers des réalisations possibles, toujours en avant, toujours plus loin vers les autres. On partage les expériences et les histoires.

Elle ne permet pas de convaincre les plus intolérants, de résoudre des conflits anciens, d’apprendre spontanément l’idée de la paix [...]« 

Valérie

 »La culture de paix permet de prendre en compte l’égalité entre tous, de proposer d’autre(s) alternative(s), de donner du sens à certaines valeurs innées ou enfouies qui ne s’expriment pas. Elle permet de m’identifier auprès des autres et de me sentir capable.

Elle ne permet pas de soulager toutes les souffrances par un coup de baguette magique. Elle n’enlève pas le doute. On ne peut pas se permettre de juger [...]« 

Jean


(Carla, 12 ans - Dans les pas de Pierre Soulages)

 »La culture de paix permet de parler à son voisin, d’aller au bout des questions, de parier sur la capacité d’écoute de l’autre. On bannit le consensus. On se pose des questions sur soi. [...]

Elle ne permet pas d’avoir recours à la violence, de se murer dans ses certitudes, de se laisser aller à juger les autres, de se replier [...]« 

Josette


 »La culture de paix permet d’accepter la différence, de favoriser l’espoir, d’évoluer, de changer de conceptions, de construire un esprit d’équipe au sein de la classe.

Elle ne permet pas de créer des affrontements, d’être intolérant, de créer le favoritisme, de s’encombrer des futilités. Il ne s’agit pas de tout accepter, même si on en comprend les raisons [...]« 

Karine

 »La culture de paix permet d’avancer en prenant du recul, de modérer ses comportements au quotidien, de partager des expériences et d’y croire encore. On y reçoit du bonheur. [...]

Elle ne permet pas de ne pas être cohérent entre le dire et le faire. De ne pas être tolérant. On ne peut être ni dans le fatalisme, ni dans le défaitisme.

Laetitia

« La culture de paix permet d’être définitivement optimiste, rencontrer avec le sourire les gens avec qui on travaille, d’échanger avec bienveillance, de dialoguer avec les parents de la classe, de partager leurs soucis et leurs attentes, de faire surgir ce que l’on a de plus beau en soi.. [...]

Elle ne permet pas l’isolement, l’égoïsme, le désespoir, le non-partage de ses trésors [...] »

Marie

« La culture de paix permet de créer, accepter ce que l’on produit et de sortir grandi de ce travail. [...]

Elle ne permet pas de ne pas se comprendre, ni s’écouter. Elle ne permet pas de perdre son sang-froid, de mentir à propos des guerres, de ne pas connaître ce qui se fait ailleurs

Marie Madeleine

 »La culture de paix permet de vivre en respectant les autres avec leurs différences, de s’ouvrir aux autres et de construire la paix avec eux. On y apprend la citoyenneté.

Jeanine

« La culture de paix permet de passer par la parole et par la mise en mots de ce que l’on ressent. On essaye de comprendre l’autre, de le rencontrer. On apprend à échanger avec des gens d’horizons différents dans le cadre d’un réseau comme celui de la prévention de la maltraitance.

Brigitte

 »La culture de paix permet de se lever le matin, de voir et faire voir le monde de toutes les couleurs, d’écouter les bruits du monde autrement, de résister aux jours perturbés, de mettre en place des situations de partage [...]
Elle ne permet pas (toujours) de garder son calme en toutes circonstances, de voir la vie en rose, de changer le monde, de déposer le poids du quotidien.

Elisa

« La culture de paix permet d’accepter ses propres limites et gérer un certain désordre, de changer les pratiques professionnelles même s’il est difficile d’échanger autour des pratiques avec les autres collègues.

Elle ne permet pas de convaincre les collègues de la nécessité d’agir, de participer à des actions, même modestement. Elle oblige à distinguer »respect« , c’est-à-dire acceptation de l’autre sans le juger, de »tolérance« comme on la pose dans l’actuel débat sur la laïcité.

Catherine

 »La culture de paix permet de croiser les forces vives (à l’école, dans la Maison de quartier), de favoriser les rencontres de personnes qui se croisent, mais ne communiquent pas forcément. On tente d’appréhender et connaître l’autre dans son entité (intégralité). [...]

Elle ne permet pas d’obliger les réfractaires à mieux comprendre les enjeux de la Culture de Paix, de laisser quelqu’un sur le bord du chemin, d’ignorer nos différences et tout ce qu’elles peuvent nous apporter [...]"

Théo