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Atelier « Le monde est dans ma ville »

Temps 1 - Le plan, les plans

Après observation de plans de villes, chaque groupe mandate une personne pour participer à la construction du plan de notre ville fictive et commune. Elle sera porteuse d’un Cahier des charges en 5 points.

    • Exemples de Cahier des Charges : 3 grands axes ; un élément de géographie naturelle ; un pôle industriel ; un site Internet accessible à tous ; un abcès de fixation.
    • Ou, une ville avec un cœur, verte, propre, pour piétons, où il y a des choses à faire et à voir (musées, théâtres, marché, etc.), une ville « jolie » (rivière, lac, montagne).
    • Ou, un centre ville aéré (toile d’araignée), piétonnier, ouvert aux cy-clistes et aux riders (pistes aménagées) ; des espaces verts aménagés (bancs, aires de jeux, poubelles, toilettes, pipi-chiens ; terrains de jeux et équipements sportifs ; habitat : petits immeubles ou maisons de ville avec commerces intégrés ; animations de rues ; parkings souterrains en périphérie, avec prêts de vélos.

      Le plan est découpé en 6 territoires. Chaque groupe « meuble » son territoire, sachant qu’il est porteur de traces d’histoire récente et passée. Puis, chaque groupe ajoute un ou des lieux où se déroule une activité tendant vers la paix.

      Exemples de lieux d’activité tendant vers la paix :
      • Le bal populaire + le marché
      • La bibliothèque + les terrains de sport
      • Une Maison de la Paix ou Bistrot romain
      • L’office des Bars
      • L’école de la vie et de la ville
      • Le Zénith : conservatoire des arts et de la formation
      • Les 4 maisons de la zone industrielle.


Temps 2 - Qu’est-ce que cette liste nous apprend de notre conception / vision de la Paix ?

DISCUSSION 1

  • La paix, c’est la communication, la fête, la culture, la réflexion, la concertation, la formation, la politique (gestion de la cité), la convi-vialité, le dialogue, la détente (repos, sport), l’ouverture vers l’exté-rieur (Internet).
  • La paix, c’est la communication (dans des lieux d’échange sans sé-grégation), la culture, les sports collectifs, l’ancrage dans l’histoire, une Maison de réflexion sur l’idée même de Paix.
  • La paix, c’est l’échange, la communication : enrichissement person-nel, « on a intérêt à être meilleur individuellement pour être mieux ensemble », l’existence de petites structures porteuses de Paix.
  • La paix, c’est la diversité des lieux d’échanges, vivre ensemble au-tour de différentes activités , l’ouverture sur les autres, une vie ex-térieure importante.
  • La paix, c’est la culture, le sport, la détente, les loisirs ; les échanges chaleureux ; la vie syndicale et associative ; la convivialité ; les choses à voir, à vivre ; les déplacements, le mouvement ; l’espèce humaine.

    DISCUSSION 2

    Qu’est-ce qui manque ?

  • Où sont, dans cette ville, tout ce qui concerne l’argent, les enjeux économiques ; la prise en compte de l’hétérogénéité de la population ? La réflexion sur l’idée de paix.
  • La paix, ce n’est pas que l’éducation. La paix, est-ce une utopie ? Suffit-il de la décréter par la parole ? Comment sont gérées la politique et la démocratie dans cette ville ? Comment faire coexister l’homme et le citoyen ? Faut-il des guerres pour construire des temps de paix ? Quelle garantie a-t-on que sa parole sera écoutée ?
  • Discussion : Les structures matérielles suffisent-elles pour déclen-cher des dynamiques de paix ? Où s’installe la réflexion proprement dite sur la paix ? La paix, à l’ombre portée de la guerre ? suffit-il d’un « îlot de perfection » qui attirerait les barbares ? C’est à l’école, dès le plus jeune âge, que se prépare la citoyenneté. Le rôle des parents ? Etablir des règles de vie : qui le ferait ? Pourquoi ? Comment ? Le contraire de Paix, ce n’est pas seulement Guerre, mais aussi Crise, etc. La paix, c’est aussi le savoir gérer les différences.


Temps 3 « La ville, c’est d’abord ce que chaque habitant porte au fond du cœur »

Chacun fait vivre un personnage dans cette ville. Quatre générations possibles. Ceci, à travers un texte qui permettra au lecteur d’en savoir plus sur son âge, ses activités, ses goûts, etc. En décidant la distance de ce personnage à l’idée de Paix (pour, contre, tout près, etc.) Positionnement qui se dessinera en filigrane.

« Cher Petit, J’espère que tu t’es bien remis de ta gastro et que Marinette et le petit Bruno vont bien. Je prends la plume aujourd’hui pour te dire que mon trimestre n’est pas arrivé et que le loyer, lui, il est arrivé. Ça me fait mal au cœur mais je dois te demander si tu pourrais m’avancer 1200 fr. jusqu’au 15 de ce mois. j’aimerais mieux que ce soit en mandat.
Des fois je me pose des questions, comme celle-là : »Où il est l’argent de la France ? Parce qu’il y en a pour acheter des voitures, des maisons, des bateaux… Et puis, on est nombreux à ne pas en voir la couleur. Pourtant je croyais que dans le système capitaliste, l’argent, ça doit circuler. Alors, il faut croire qu’il y en a qui bloquent !« 
Chez Gégé, l’ambiance a changé depuis que ce gros con de Robert a la tête qui a gonflé à écouter les discours du Pen. En plus, il s’est acoquiné avec Marcel dont le père était pétainiste à ce qu’il paraît. Je vais quand même toujours y prendre mon pastis et y lire les journaux.
Je me fais du souci pour toi quand je lis que les Arsenaux dégraissent. Ne vous laissez pas faire ! Moi, si je n’avais pas suivi les copains des syndicats, je n’aurais même pas de retraite à cette heure !
Juste encore un mot, comme ça. quand tu vois ce qu’ils font au Ko-sovo, c’est dégueulasse. Exactement les mêmes saloperies que les boches pendant la guerre. Je vous souhaite de ne jamais connaître ça !
Je vous embrasse bien fort, en espérant vous voir aux vacances. »

Gaston (alias Michel B.)


« Henrik Maklov était né à Betchevo, un petit village non loin de Pétal vers la fin des années 30 à une époque où un tramway reliait encore le village et la ville. il habitait dans la Rue Principale. Le village était en réalité un village-rue, et une fois sorti de l’alignement des maisons, le paysage était un mélange de bocages, de parcelles vouées aux cultures potagères et à la vigne. On faisait à Betchevo un fameux petit vin blanc à la manière des Tokay de Hongrie qui se vendait très cher dans les bars de la ville.
vers 1940, la famille Maklov emménagea dans un petit pavillon de la rue Waklawa, non loin de la nouvelle zone des usines. L’ancien marécage des bords de Spree avait été assaini et l’usine de Zobrod était venue s’installer là. elle fournissait à l’époque tout le nord du pays en bus, camions bâchés et même péniches fluviales.
Georges Maklov et sa femme Helena avaient mis en gérance les terres de Betchevo. Henrik irait à l’école des Enfants de la Paix, rue Vitruvska. Georges venait d’être embauché comme ouvrier classe B dans le secteur des carrosseries spéciales : engins de levage, remorques et plates-formes surbaissées.
En janvier 1942, Georges partit sur le front nord. Helena le remplaça à l’usine. Henrik partit cette année-là passer les vacances d’été chez son oncle Mikael dans la vallée de Betchevo. il aida à faire les foins, s’occupa beaucoup des bêtes et partagea ses moments de loisir avec sa cousine Clara… Les parents de Clara étaient restés à Betchevo. ils n’avaient pas vendu la ferme et avec les restrictions qui s’avançaient, chaque jour ils se félicitaient d’avoir encore de quoi manger. »

Michel N.

« Il faisait froid et humide en cette nuit de Noël. Nous pataugions dans la boue depuis tant de jours… et rien ne changeait vraiment. Quelques mètres de gagnés, l’ennemi qui recule et puis c’est nous qui avons reculé et les autres ont repris leur position…
Mes camarades m’ont chuchoté avec insistance : »chante, c’est Noël tout de même !« Alors j’ai entamé un air de Faust, très doucement d’abord, puis de plus en plus fort. Surprise ! Plus loin, là-bas, de l’autre côté, quelqu’un me donnait la réplique ! Instant poignant et magique… Demain, hélas, au petit jour, nous retournerons au combat. »

Christiane


« A Pax, le 21.01.99
Ma chérie, Ton message sur mon répondeur m’affole un peu. Que t’arrive-t-il ? Tu es amoureuse ? Mais c’est le bonheur pour une jeune fille de ton âge !
Dis à ta mère qu’il vaut mieux s’aimer sur terre que se haïr. L’amour nous élève, nous construit, nous rend beaux !!! (C’est Carlos qui chante : »L’amour ça rend beaux les laids !« ). Tu me dis qu’elle s’inquiète pour ton avenir ? Il faut la comprendre, elle se plaît à dire souvent qu’elle a raté son bac à cause de mon frère ! cela ne l’a pas empêchée de le repasser et de poursuivre des études universitaires ! Et puis tu sais… Ah ! Je ne me souviens plus de ce que je voulais te dire ; ton coup de fil, à l’instant, m’a fais perdre… le fil de mes pensées !
Je suis troublée, tu viens de me dire qu’il s’appelle Khader… Bon, je t’écrirai plus longuement.
Je t’embrasse avec toute la tendresse que j’ai en réserve.
Ta tante Jacqueline.
P.S. Tes cousins et ton oncle Kamal te font la bise. »

Jacqueline C. H.


Extrait du journal intime de la petite sourde qui est dans ma poche
« Lundi matin. Le réveil sonne. Je ne sais pas quoi penser de la semaine qui m’attend. De l’angoisse, de l’enthousiasme. Ce que je sais c’est que je vais retrouver Mickaël, Ryan, Emmanuel, Giovanni dans cette classe au cœur de l’abcès de fixation. Comment ont-ils passé leur dimanche ? Comment vont-ils accueillir la tirade de Cyrano de Bergerac que j’ai préparée pour eux ? Ils vont sûrement se battre et mes collègues vont encore me demander de mettre des limites à l’inacceptable. Les autres enfants ont le droit de vivre en paix dans la classe et je suis là pour la garantir. Qu’en est-il des limites de l’acceptable pour les es de l’abcès ? Je voudrais pouvoir parler de ça avec Hélène et Bérangère, mais ma position de jeune, de nouvelle me l’interdit. Les anciens seuls détiennent-ils la vérité ? N’y a-t-il que l’expérience qui apprenne les choses ? Et la théorie là-dedans, la réflexion, le travail… ? »

Josette F.


« Cher journal, Aujourd’hui, j’ai rencontré un homme. Au premier abord, un homme simple, presque marginal, un de ceux qui gagnent à être connus. il s’est construit pas à pas à l’école de la vie et œuvre aujourd’hui pour défendre ses convictions les plus profondes. »Grande-gueule« , il dérange et nombreux sont ses détracteurs, mais fidèle à ses principes et imperturbable, il suit son chemin vo-lontairement en marge de notre société, revendiquant ce que chacun refoule au plus profond de son être : son côté animal.
Ancien légionnaire, il s’est battu, il a tué, il n’en est pas fier, mais il devait le faire… Doit-on louer cet homme pour avoir préservé notre paix ou l’en blâmer ? Mais qu’est-ce que la paix ? Aujourd’hui, quand l’homme ne se détruit pas lui-même, il s’en prend à son environnement. A quoi bon vivre en paix sur une planète en décomposition ?
Peut-être cet homme a-t-il raison ? Et si c’était la solution ? Retrouvons l’animal enfoui au fond de nous et réveillons cet instinct animal pour réapprendre à vivre en harmonie, entre nous et avec notre environnement… »

Nathalie

« Cahier* de Morale de l’élève Alphonse Guérin, né en 1910 (14 avril)
Leçon du 1er Octobre 1917
 »Nous devons aimer notre Mère Patrie et la servir jusqu’à la mort« 
Développement :
Notre Mère Patrie, ce n’est pas notre maman, celle qui chaque jour se sacrifie pour nous, qui épluche les pommes de terre et les rutabagas et que nous devons respecter parce qu’elle nous donne à manger.
Notre Mère Patrie, ce n’est pas non plus la femme de notre père qui est parti à la guerre il y a longtemps et qui revenu cet hiver, mais je ne le reconnais plus parce que la moitié de son visage est paralysé et qu’il n’a plus qu’une jambe.
Non, notre Mère Patrie, c’est une statue habillée avec des plis, comme j’en ai vu dans le musée. elle montre aux soldats qui sont aussi ses enfants, le chemin de la victoire.
Notre Mère Patrie, notre maître l’a dit, il faut l’aimer jusqu’à mourir et cela rend heureux !
Commentaires écrits en rouge dans la marge par le maître : »Tu n’as rien compris du tout à cette maxime !"
* trouvé dans le grenier de l’école Jules Ferry, en juillet 1995, lors de sa restauration.

Odette N.

« Ma grande,
Je t’espère plus détendue qu’aux dernières vacances. Tu sais, en ce qui me concerne, j’ai maintenant pris de bonnes résolutions et je me dis qu’il faut que je reprenne pied avec la réalité et que j’assume ma solitude. Le soleil inonde la cuisine et la vie me semble aujourd’hui plus souriante, même si le vide de l’absence continue à peser. J’ai rencontré la semaine dernière, à la réunion des anciens, une personne très dynamique qui m’a parlé d’un nouveau site »Internet« . Celui-ci permet de communiquer avec des personnes qui pourraient m’être proches et ce, rends-toi compte, dans le monde entier !
Je me suis donc rendue au Forum pour ouvrir un »E-mail« et depuis j’ai reçu plusieurs messages. L’un d’entre eux a attiré plus particu-lièrement mon attention, c’est un homme de mon âge qui me semble intelligent, brillant, plein d’humour et joyeux et je vais donc aujourd’hui lui proposer de le rencontrer.
Je te tiendrai au courant de la suite. Bisous, ma chérie. A bientôt. »
Mauricette (alias Frédérique)

« Petit récit.
Ce matin, c’était »expression écrite« à l’école, comme tous les ven-dredis matins. C’est chiant »expression écrite«  ! Même la maîtresse a pas l’air d’aimer ça, mais elle dit que pour le collège, en 6e, c’est obligé.
J’ai bâclé deux lignes vite fait. Fallait parler de la Paix. La Paix, c’est relou. Rien à dire. J’arrive pas. Moi, ce que j’aime, c’est le Rap.
Le Rap, c’est la poésie de maintenant, c’est mon grand frère Rachid qui me l’a dit. Rachid et ses copains, dans la cave, ils inventent plein de mots qu’il ne faut pas dire à l’école, alors moi, de la fenêtre de ma classe, je regarde les bâtiments, bien alignés comme des boites de chaussures, et je réfléchis. Des fois, je m’amuse à faire semblant de leur tirer dessus, mais je m’amuse.
La maîtresse, elle, ça l’amuse pas, alors je vais dehors ou chez le Directeur, c’est comme elle veut…
Moi, je réfléchis. J’ai un méchant plan pour ce soir, avec mes potes. Ce soir, après le goûter, on ira sur le cours Beaumond. Là, y a plein de gens pressés de rentrer chez eux. Ils descendent prendre leur grosse bagnole au parking et nous, du haut du parapet, pas vus, pas pris, on leur lance la terre toute molle des plantations. Des fois, on crache aussi… Et puis, les rollers, ça va vite pour se cacher.
C’est la Manou qui dit : »Moi j’ai semé le vent, maintenant voilà ma tempête."

Nicole M.


« Mes chers petits,
Je vous remercie pour votre gentille carte et vos bons vœux de bonne santé. A mon tour, je vous envoie tous mes souhaits de bonheur et j’espère que tous vos problèmes de travail trouveront vite une solution. Ici, avec l’hiver qui est un peu pluvieux cette année, je sors peu. Mais hier, je suis allé à l’enterrement de Monsieur Fauvrel. Le pauvre a succombé à un cancer qui l’a rongé à petit feu !
J’ai de moins en moins de contact avec le voisinage car il y a beau-coup de nouveaux résidents. Mais après l’enterrement, j’ai revu des anciens qui m’encouragent à aller au Foyer le mardi pour discuter et jouer aux cartes. Mais mes jambes se fatiguent et il n’y a pas de bus pour me rendre au centre ville.
L’autre jour, j’ai rencontré une gentille petite dame qui déposait ses encombrants près de la grosse poubelle. Nous avons longuement discuté et je lui ai raconté notre ville d’autrefois et ma vie de maçon.
Je lui ai montré toutes les maisons où j’ai œuvré. Que de bons sou-venirs ! Maintenant, je me sens un peu seul, d’autant plus que vous ne pouvez pas venir me voir souvent. Cette personne m’a invité pour un apéritif, car elle vient d’emménager près de chez nous et semble curieuse de connaître la vie d’antan dans le quartier. Cela me fait plaisir. A part elle, je n’ai guère de contacts : tous les voisins sont pris par le travail et on ne voit personne dans les jardins.
Sur la place, il y a de plus en plus de vauriens qui viennent en voiture et s’installent sur le plateau pour jouer un peu mais après ils mettent la radio très fort et boivent de la bière sans penser à mettre leurs déchets à la poubelle. Vous pensez bien ! Je me fais donc du souci, moi qui suis seul et je veille à bien fermer la maison et les volets le soir. De mon temps, les jeunes avaient du travail. Ils n’étaient pas un souci. Il paraît qu’on leur propose du travail, mais qu’ils le refusent car c’est fatiguant ! Enfin, c’est comme ça, il faut le supporter.
Je termine là ma lettre en vous embrassant très fort. Papi »

Martine


« Maurice sauta du lit en se demandant qu’est-ce que je vais faire aujourd’hui ? Un peu de body-building ? L’expo sur les dernières tendances du pastel ? Ou…
Bon, il alla se faire une toilette rapide, en remarquant une nouvelle ride proche de l’œil droit. Ça y est, grande décision, je vais chez l’esthéticienne et j’improviserai après.
De retour de l’Institut, Maurice se rendit au bureau des Combattants pour saluer ses amis. En fin d’après – midi, il se dirigea vers le Forum, au nouveau site Internet, là, il lu son message, celui de Mauricette. Il eut très chaud au cœur… »

Marie-France G.


« Cher journal,
En ce jour de mon 35e anniversaire, je te débute et te baptise : Théo.
Je me prénomme Justine. Je suis mariée à un homme formidable depuis presque dix ans et de cette union est né un joli petit enfant, appelé Mathias, âgé aujourd’hui de 4 ans.
La vie ne nous a guère épargnés, comme beaucoup de jeunes couples à notre époque. Mais heureusement, aujourd’hui, tout va comme dans le meilleur des mondes. Nous travaillons tous les deux depuis Huit ans dans un domaine qui nous plaît : mon époux est paysagiste et moi, je suis éducatrice dans un centre pour enfants malentendants. Le temps a été long avant que je trouve cet emploi, mais grâce à celui-ci je me sens épanouie.
Théo, arrives-tu à m’imaginer entourée de ces enfants qui veulent apprendre, plus que tout au monde, ce qu’il y a à apprendre ? C’est un havre de paix pour moi et surtout pour mon enfant qui est lui-même malentendant.
La nature étant notre passion à mon époux et à moi, notre temps libre, nous le passons dans une forêt où coule une jolie rivière, où tous ensemble, avec notre Mathias, nous nous amusons. Telle est notre vision de la paix à nous trois. »

Sandrine

« Lettre à un copain d’une autre ville.
Tu m’as demandé de te parler de ma ville pour te donner des idées. En un mot, voilà : ma ville est formidable parce que c’est une ville de »Paix«  ! Je vais t’en faire visiter une partie, le Zénith qui est un conservatoire des Beaux Arts, pour te donner des exemples.
Ce matin, 4 cars sont arrivés à la gare routière : 2 cars d’enfants et 2 cars d’adultes. Sans bousculade et sans cris, chacun a choisi son mode de transport (à pied, en vélo, en barque) pour se rendre sur son lieu d’activité, adultes et enfants confondus. Dans chaque discipline, un maître est là pour proposer, faciliter la création sans apporter de restrictions ni de contraintes. Chaque participant pouvant gérer son temps comme il le souhaite.
Au moment du repas, toutes les disciplines se retrouvent et peuvent échanger leur savoir, leurs projets, leurs doutes. Après une séance sieste, les activités reprennent jusqu’au soir.
Moi qui suis le gardien de ce lieu de culture, je suis là pour satisfaire les moindres désirs. »

Gisèle


« Chère Mireille,
Voilà longtemps que je n’ai pas pris la plume pour t’écrire. Que de choses se sont passées depuis ton départ ! Les grandes manifesta-tions du mois dernier d’abord. Tant de gens réunis pour exprimer le rejet de ce mouvement de haine qui monte lentement mais sûrement. J’y suis allée avec mon fils et ses copains de lycée. Cela fait drôle d’être côte à côte avec son enfant et d’exprimer ensemble la même idée !
Mais dire la même chose, est-ce vraiment penser pareil ? que les mots sont difficiles à maîtriser, à cerner, à comprendre. de retour, j’ai écouté les jeunes dans la rue, d’autres mots, d’autres idées. Ecouter, toujours écouter. est-ce possible ! Sommes-nous une mosaïque d’idées ? Moi qui n’arrête pas de me construire à l’âge où d’autres se servent de leur expérience pour mieux agir, pour être plus efficaces. Dans ce combat contre la haine, j’en arrive à comprendre certaines réactions qui pourtant devraient me faire bondir. Est-ce normal ? Je m’interroge. »

Brigitte


« Cher Clément,
Comment vas-tu ? Bientôt tu auras 10 ans, une dizaine, cela compte dans la vie d’un homme ! Es-tu prêt à franchir le cap de cette dizaine ? As-tu pris des repères parmi les valeurs des adultes ? Le courage ; la volonté ; la patience ; le dépassement de soi-même, des passions ; être à l’écoute de l’autre ; accepter les règles et les contraintes de la famille et de l’école ?
Je sais que tu commences à vouloir t’émanciper. Souvent tu dis : »C’est ma vie. C’est mon corps. L’école, c’est mon problème. Je veux faire mes devoirs seul.« Tu te passionnes pour le foot depuis cette Coupe du Monde, tu veux faire partie d’un club. Il faut réaliser ton souhait !
Tu aimes la musique, où en es-tu ? Dommage que tu ne la travailles pas davantage. Et la lecture ? Où en es-tu du projet de l’école : »Lire un livre par semaine«  ?
Tu te passionnes pour toutes les matières d’éveil ; en feras-tu ton métier ?
Je te souhaite d’avancer avec toutes tes questions mais aussi d’ac-cepter les conseils des adultes qui ont un vécu, une expérience et qui sont là pour veiller sur toi et t’aimer. »

Agnès


« Bonjour Madame,
je suis intéressé vraiment bocou par l’annonce que vou avé écrit sur le journal que mon papa y li tout les jour sur la petite fille de compani pour vous faire la lecture et arrosé vos fleur.
Je m’appelle Tina j’ai 9 ans je suis brune et j’ai les yeux noir. j’habite au 6, rue Julia. je vais à l’école je suis au CM1. je travail un peu bien, la maitresse elle dit a ma maman que j’ai des problème pour me concentré et que je sai pas bien l’orthografe parce que j’ai zéro à la dictée a chaque fois. mais pour lire je sai. fo pas vous enfair surtou les poaimes du livre de maman et je peu les lire pour vous et sa vous fera plaisire et osi pour les fleurs ça me plé j’ème les regardait et les sentire ça me fai rire dans mon cœure. pour les fleur je vous liré Tistou des pouses verts sai bau. sai maman qui me la donné et je le lis presque tout les jours.
Osi, à l’école, je m’enui, alors je porré venire chez vous a la plasse. sé pas les copains je les ème sai surtou la maitresse et les devoirs et les punition et tout sa.
Mais moi j’ème mieux courire et chanter et osi je vous chanteré des chanson jen conné plein. ma préferée sé colchike dans les pré mais jème osi ayam et ninoferrère la chanson de la maison près de la fontaine sai bau.
sa sera supère si vous voulé que sé moi qui vous fai la companie. je sé me debrouille pour plin de chose meme le café et le gatau au yaourte.
escusé moi pour les fotes mai je me suis apliqué. je vous fai une bise je suis une jentiye fille vous veré. » Tina

Marie


Discussion après lecture des textes :

• Difficulté à placer les personnages dans la ville construite.
• Il y a la paix « apparente » de la ville, différente de la paix « inté-rieure ».
• Inventer une ville idyllique est plus facile. Les personnages sont agités de contradictions, de souvenirs, etc.
• On note un très fort désir d’échanges, de communication.
• Quel rapport avons-nous au passé : nostalgie, souvenirs de luttes, désir de transmission de modèles ?
• Il y a souvent une prise de recul, soit une distance temporelle (on parle d’une autre génération), soit projection dans l’enfance, ou pas de recul du tout.